Paraguay Pass Investor : Mode d’emploi

Paraguay Pass Investor : Mode d’emploi

Au Paraguay, un investisseur étranger n’a pas besoin de passer par la case résidence temporaire. Un seul document, délivré en cinq jours ouvrés, ouvre directement la porte de la résidence permanente : l’Investor Pass, ou Attestation d’Investisseur Étranger (AIE).

Le texte qui l’encadre a changé récemment. La Résolution MIC N° 283/2026 a mis à jour les exigences, avec des règles différenciées selon le type d’investissement. Voici ce qu’est l’AIE, les quatre catégories possibles, les documents à réunir, et le chemin exact jusqu’à la cédula.

Qu’est-ce que l’Investor Pass ?

L’AIE est un document officiel délivré par le Ministère de l’Industrie et du Commerce (MIC), via le SUACE — le Système Unifié d’Ouverture et de Fermeture d’Entreprises. Il est réservé aux personnes physiques étrangères.

Ce document atteste qu’un investissement a bien été réalisé dans l’un des quatre secteurs reconnus : productif, touristique, financier ou immobilier. Il constitue la pièce centrale du dossier à déposer auprès de la Direction des Migrations pour obtenir la résidence permanente — sans étape intermédiaire.

Le cadre légal repose sur quatre textes : la Loi N° 4986/2013 relative aux investissements, la Loi N° 6867/2021 portant création du SUACE, l’article 46 de la Loi N° 6984/2022 relative aux migrations (qui prévoit l’exception à la résidence temporaire), et la Résolution MIC N° 283/2026, qui fixe les exigences actuelles.

Les quatre catégories d’investissement

Le montant minimum et les obligations qui l’accompagnent varient fortement d’une catégorie à l’autre.

L’investissement productif demande un minimum de 70 000 USD. C’est la catégorie la plus exigeante sur le fond : elle requiert un plan d’affaires et la création d’au moins cinq emplois formels. Elle s’adresse aux projets industriels, commerciaux ou de services.

L’investissement touristique démarre à 150 000 USD. Un plan d’affaires est là aussi demandé, mais sans obligation de créer des emplois. Il couvre la création, l’acquisition, l’extension ou l’exploitation de biens et services touristiques.

L’investissement financier exige 200 000 USD. Aucun plan d’affaires, aucune création d’emploi : il s’agit d’un apport de capital sans gestion directe, attesté par une entité agréée par la Surintendance des valeurs mobilières de la BCP. Ce capital doit être maintenu au moins deux ans, avec un rapport annuel.

L’investissement immobilier demande également 200 000 USD, pour l’acquisition, le développement ou l’exploitation de biens immobiliers hors usage personnel ou familial. Ni plan d’affaires ni création d’emploi ne sont exigés. L’acte doit être authentique et enregistré, ou, en cas de contrat privé, accompagné d’un versement d’au moins 30 % du montant total déclaré.

Un point mérite d’être noté : quand plusieurs investisseurs participent à un même projet, chacun doit individuellement atteindre le montant minimum de sa catégorie. Il n’y a pas de mutualisation possible entre associés.

Les documents à réunir

Communs à toutes les catégories

Quel que soit le type d’investissement choisi, le dossier doit contenir :

– Le formulaire de demande de l’AIE, rempli en ligne sur www.suace.gov.py, qui vaut déclaration sur l’honneur.
– Une copie d’une pièce d’identité valide — cédula, carte nationale d’identité ou passeport.
– Le justificatif d’entrée sur le territoire : billet, tampon d’entrée ou certificat de la Direction des Migrations.
– Un casier judiciaire ou certificat de police en cours de validité du pays d’origine, légalisé ou apostillé (ou du pays de résidence, en cas de séjour de plus d’un an au cours des trois dernières années).
– Un certificat de casier délivré par INTERPOL Paraguay.
– Une déclaration sur l’honneur de l’origine des fonds utilisés pour l’investissement, signée par l’investisseur.

Les documents émis à l’étranger doivent être apostillés ou légalisés par voie consulaire, puis traduits en espagnol par un traducteur assermenté — sauf s’ils viennent du Brésil et sont déjà en portugais.

Pour les catégories productive et touristique

Ces deux catégories nécessitent un plan d’affaires. La suite du dossier dépend d’un détail simple : l’entreprise existe-t-elle déjà ou reste-t-elle à créer ?

S’il s’agit d’une nouvelle entreprise, il suffit d’indiquer le type de société prévu (S.A., S.R.L., entreprise individuelle…) et la liste des associés le cas échéant. Aucun document sociétaire supplémentaire n’est exigé, puisque la société n’existe pas encore.

S’il s’agit d’une entreprise déjà constituée, une copie des statuts constitutifs est requise. Si l’investisseur y figure comme associé, cela suffit. S’il n’y figure pas — par exemple parce qu’il a racheté la participation d’un associé existant —, il doit en plus fournir le justificatif de cession de parts et l’attestation de bénéficiaire effectif délivrée par la Direction générale des personnes, structures juridiques et bénéficiaires effectifs (MEF).

Ces deux catégories demandent aussi de justifier une solvabilité économique, par l’une des deux voies suivantes — une seule suffit, pas besoin de cumuler :

– Ressources propres : relevé de compte bancaire au nom de l’investisseur sur les trois derniers mois, ou relevé d’une société dont il est actionnaire accompagné de l’acte constitutif, ou titres de placement à son nom (épargne, obligations, actions, fonds communs).
– Liquidité d’actifs personnels : pour un bien immobilier, titre de propriété plus certificat de situation domaniale de moins de six mois et expertise actualisée ; pour un véhicule ou une machine, titre de propriété plus expertise de l’exercice précédent, et pour les machines, le document fiscal attestant propriété, valeur et dépréciation.

Pour les catégories financière et immobilière

Ces deux catégories, plus légères sur le plan documentaire, demandent surtout la preuve du transfert de fonds : justificatifs de paiement (factures, reçus, virements), attestation de l’entité agréée pour la catégorie financière, ou acte authentique enregistré pour la catégorie immobilière. Les documents restent valables 180 jours maximum à compter du dépôt de la demande.

Le chemin vers la résidence permanente : trois étapes

Une fois l’AIE en poche, le parcours administratif se déroule en trois temps.

1- Pré-migratoire — obtention de l’Attestation d’Investisseur Étranger auprès du MIC et du SUACE. Comptez cinq jours ouvrés.

2- Migratoire — dépôt de la demande de carte de résidence permanente, catégorie investisseur, auprès de la Direction des Migrations. Comptez dix à quinze jours

3- Post-migratoire — délivrance de la cédula, la carte d’identité paraguayenne, par le service des identifications de la Police nationale. Comptez à nouveau dix à quinze jours.

Côté SUACE, la procédure interne suit quatre temps : dépôt de la demande et des documents, contrôle des exigences, de la solvabilité et des antécédents, évaluation technique du plan d’affaires par la Direction des Investissements, puis délivrance de l’attestation sous cinq jours ouvrés maximum.

    Délais et cas particuliers

    Le délai de cinq jours court à partir de la réception du dossier complet — pas du premier dépôt. S’il manque une pièce ou qu’une clarification est demandée, le compteur s’arrête et ne repart qu’à réception des éléments demandés. Le SUACE peut aussi refuser purement et simplement la délivrance si le dossier ne remplit pas les conditions requises.

    Un point utile pour ceux qui avaient déjà engagé une démarche : les demandes déposées sous l’ancienne Résolution N° 1052/2025 et encore en instance sont traitées selon les nouvelles conditions, si celles-ci s’avèrent plus favorables au demandeur.

    Un dossier d’investisseur au Paraguay se joue rarement sur le montant : il se joue sur la cohérence entre la catégorie choisie, les documents réunis et l’origine des fonds déclarée. C’est cette rigueur en amont qui détermine si le dossier passe en cinq jours — ou traîne en clarifications.

    Vous portez un projet d’investissement au Paraguay et vous souhaitez le valider avant de le déposer ? On peut en discuter.

    Source officielle : SUACE, Système Unifié d’Ouverture et de Fermeture d’Entreprises
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