Vivre à Buenos Aires : 12 choses à savoir en arrivant dans la capitale argentine (Partie 1)

Vivre à Buenos Aires : 12 choses à savoir en arrivant dans la capitale argentine (Partie 1)

Buenos Aires, surnommée le «Paris sud-américain» ou la « New-York du Sud » est une ville qui surprend d’abord par son immensité et son architecture européenne, puis, par sa vie sociale et culturelle, unique en Amérique du Sud.
Il y a donc des choses à savoir avant de venir à Buenos Aires. Voici 12 points qui vous permettront de mieux comprendre comment vit la fascinante métropole argentine. Vous êtes prévenus !

Avant que vous ne commenciez, je tiens à préciser que ce premier article sur Buenos Aires n’a ni vocation à être exhaustif, ni à être impartial. Je suis humain et comme tout humain, j’ai mon propre filtre et ma façon personnelle d’appréhender le monde. Mais l’article est honnête car il s’inspire de “la réalité du terrain”, c’est à dire de ma première expérience de 6 mois à Buenos Aires faite de rigoureuses prises de notes et de contacts multiples tissés dans la capitale argentine. Il l’est aussi, honnête, car il n’a pas pour vocation “de vendre à tout prix” cette ville et son peuple, mais de partager ce qui m’a plu et/ou interloqué chez cette fascinante métropole.

1. L’architecture bluffante et éclectique de Buenos Aires

Buenos Aires mélange les styles architecturaux. Vous trouverez des immeubles haussmanniens à San Nicolas et des galeries commerciales « art nouveau » au micro-centro. La fameuse avenida de Mayo et les rues adjacentes rappellent beaucoup le quartier parisien de l’Opéra Garnier et son boulevard des Italiens. Mais à quelques “cuadras” plus loin, vous arrivez à la avenida Corrientes qui n’est pas sans rappeler « Broadway» avec les  grandes enseignes lumineuses des salles de spectacle qui annoncent un concert ou une pièce de théâtre en cours.
Académisme français et italien, Art nouveau, Art déco, Rationalisme, Brutalisme, Néoclassique, Plateresque espagnol… tous les styles de la fin du 19ème siècle et du vingtième siècle européens sont représentés à Buenos Aires. Et certains monuments éclectiques, comme le Palacio Bajolo, empruntent à eux seuls, plusieurs styles.
D’ailleurs, les monuments de la capitale argentine sont souvent les témoins des époques européennes traversées, comme la faculté de droit située à l’extrémité de La Recoleta, construite « dans les années 40 » qui s’inspire directement… de la chancellerie du Troisième Reich !… ou les deux tours jumelles au nord de Puerto Madero qui rappellent les tours new-yorkaises.
Chaque quartier raconte une histoire : Que l’on soit à Palermo Hollywood, célébré par une chanson de Benjamin Biolay, à San Telmo où les plus vieilles maisons de la capitale servent de décor aux spectacles de tango de rue, ou encore, à La Boca, le quartier populaire bordant la mythique « Bombonera » et dont les fresques aux couleurs vives peintes sur des maisons en tôle, évoquent les premiers jours de l’immigration italienne.
Comme Buenos Aires est grande, vous seriez tenté de prendre les nombreux taxis noirs et jaunes, les « colectivos » (les bus circulant 24 heures sur 24) ou le « Subte » (ce métro rapide et propre qui dessert toute la capitale) pour découvrir tous ces quartiers. N’en faites rien ! Buenos Aires est une ville qui se découvre en marchant. Comme Paris, Rome ou Madrid. Chaque rue y abrite un passage, un lieu insolite ou une enseigne qui seront autant de découvertes… si vous faites l’effort de la marche à pied !

2. L’ambiance des cafés porteños

Les cafés de Buenos Aires ne sont pas seulement des lieux pour prendre un café ou une bière ; ce sont des espaces de rencontre et de discussion, de réflexion et même de création.
Lorsque vous arriverez dans la capitale, les guides touristiques vous parleront du Café Tortoni. C’est un lieu emblématique de Buenos Aires où il faut au moins passer une fois pour en apprécier la beauté. Un lieu « Art nouveau », chargé d’histoire. Mais vous y rencontrerez surtout des touristes. Il ne s’y passe rien. Je vous conseille plutôt d’explorer la ville pour y dénicher des petits cafés de quartier où les porteños s’y retrouvent pour travailler, organiser des réunions ou tout simplement « refaire le monde » ou les matchs de football. J’habitais Avenida de Mayo et j’allais souvent au Vittorio, au Vikilau café et à La Continental. La Continental, parlons en. C’est une chaine de brasseries argentines où l’on peut déguster cafés et chocolats ainsi que des medialunas ou des empanadas. C’est un lieu populaire où les familles se réunissent le week-end et où l’on vient pour discuter « le bout de gras »… et bien sûr refaire le monde. Pour alterner avec La Continental, je vous conseille de vous poser à la chaine concurrente, La Americana, où vous rencontrerez le « vrai » peuple de Buenos Aires.

3. L’«Orgullo Argentino»

Les Argentins aiment débattre. Que ce soit sur la politique, le football ou la gastronomie, les conversations sont souvent animées, avec une gestuelle expressive et beaucoup de franc-parler. Participer à ces discussions passionnées est une belle façon de s’intégrer ; et ce, même s’il faut en connaitre les codes et surtout posséder le niveau de vocabulaire qui permet d’en maitriser les subtilités.
Mais pour mener à bien ces conversations, il y a une chose qu’il faut connaitre et respecter, c’est l’orgueil argentin. Avec les Argentins et surtout les porteños, oubliez le second degré et surtout ce sarcasme parisien qui vous fait tant apprécier à Saint-Germain-Des-Prés : Les porteños ne comprennent que les formulations directes, sans double sens. Un compliment déguisé en vanne sur Buenos Aires ou l’Argentine et vous vous prendrez un vent, un « francés pretencioso !», « arrogante ! », “Vuelve a tu pequeño país ! »…
Les sud-américains sont très patriotes qu’ils soient Boliviens, Colombiens ou Equatoriens. Mais le patriotisme touche à son paroxysme en Argentine. Il y a des sujets qu’il ne vaut mieux pas évoquer comme certaines périodes du passé, la guerre des malouines (ne dites surtout pas “Falkland” mais «Malvinas ») et ces finales de football à l’arbitrage étrange où les Argentins l’ont emporté bizarrement. D’ailleurs, évitez de prendre parti pour tel ou tel club local d’Argentine car vous risquez de vous retrouver confronté à un afficionado d’un club opposé qui ne voudra pas finir la soirée sans vous prouver que « votre club » est un ramassis de « pieds de plomb » et de « fantômes ».
Tout cela est du vécu. Lors de rencontres sentimentales, J’ai expérimenté les répliques cinglantes à mon esprit caustique d’ex-parisien vanneur.
N’essayez pas non plus de plaisanter sur vous. Les Argentins comprennent mal l’auto-dérision. Ils l’interprètent comme un signe de faiblesse ou de bêtise.
Dans les discussions en groupe ou les têtes à têtes, écoutez donc beaucoup et contentez vous d’abord de répondre longuement aux questions que l’on vous pose, sur vous, sur votre parcours ou votre pays… en évitant aussi le French Bashing (pour les Français) qui sera considéré négativement, comme un désamour pour votre pays. 

4. Buenos Aires, ville culturelle

Buenos Aires est souvent décrite comme la capitale culturelle de l’Amérique latine, et à juste titre. La ville rassemble théâtres, musées, lieux d’expositions ainsi que de nombreux centres culturels qui témoignent de la richesse de son patrimoine. Le Teatro Colón, écrin de l’opéra mondial situé dans le quartier central de San Nicolas, est un incontournable pour les amateurs de musique classique et d’architecture. Il bénéficie d’une acoustique exceptionnelle qui impressionnera ceux qui auront la chance d’assister à un spectacle. Il y a un musée pour tout à Buenos Aires ; Pour célébrer l’indépendance et la résistance aux Anglais, il faut aller au Cabildo. Pour connaitre l’identité et la vie des différents présidents, se rendre au musée de la Casa Rosada. Un musée est dédié à Evita Peron, un autre à la mémoire des disparus sous la junte militaire, au Tango, à la construction de Buenos Aires ou à l’histoire argentine… 
Les amateurs d’art, quant à eux, trouveront leur bonheur au Museo Nacional de Bellas Artes (MNBA) présentant de nombreuses œuvres françaises, au Museo de Arte Moderno de Buenos Aires (MAMBA), au Museo de Arte Latinoamericano de Buenos Aires (MALBA) abritant des œuvres de grands noms comme Frida Kahlo et Diego Rivera, au Centre Culturel Borges ou au Musée des arts Orientaux.

Les librairies occupent aussi une place particulière dans cette place culturelle comme l’El Ateneo Grand Splendid, située avenida Santa-Fé, dans un ancien théâtre et considérée comme l’une des plus belles librairies au monde.
Mais les simples librairies de quartier sont également nombreuses, souvent reconnaissables par leur aspect « grenier » où l’on peut trouver des livres contemporains ou d’occasions. Elles sont souvent les lieux de rencontres intellectuelles au même titre que les cafés littéraires où écrivains et intellectuels se réunissent pour débattre.
Par ailleurs, Buenos Aires accueille tout au long de l’année des festivals de renommée internationale, tels que le Festival Internacional de Cine Independiente (BAFICI) et le Festival de Tango. De nombreux groupes de musiques se produisent également dans la rue, principalement sur la Corrientes ou à Palermo Soho. Des spectacles de tango, eux, sont nombreux, que ce soit en salles de spectacles ou directement dans la rue ou sur des places comme celle de San Telmo.
Dernière et précieuse recommandation « culturelle » : Si vous êtes présent à Buenos Aires en septembre, ne manquez pas le FIT, ce salon du tourisme argentin et international qui vous permettra d’approfondir votre connaissance des régions argentines. 

5. La cuisine de Buenos Aires

Buenos Aires est aussi une capitale gastronomique dynamique, à la croisée des influences européennes, indigènes et « mondial food ». Si l’Argentine est renommée pour sa viande qui occupe une place centrale dans les plats traditionnels, la cuisine de Buenos Aires va bien au-delà des simples asados (barbecues). La ville regorge de restaurants et de marchés où les l’on peut s’adonner à de multiples saveurs (mon poids s’en est d’ailleurs ressenti durant ces 6 mois de présence).
Alors, vous souhaitez en savoir plus sur les plats préférés des Porteños ? En voici quelques-uns :

5.1 L’Asado et les parrillas
L’asado, véritable institution argentine, est le cœur de la culture culinaire à Buenos Aires. Il s’agit moins d’un simple repas que d’un rituel social, où la viande, principalement du bœuf, est grillée lentement sur un barbecue, souvent en extérieur. Les morceaux de viande les plus courants incluent le « asado de tira » (côtes de bœuf coupées en travers), la « morcilla » (boudin noir), les « chorizos » (saucisses) et le « vacío » (côte de bœuf). Ces viandes sont souvent servies en entrée avec le « provoleta », un fromage fondu accompagné d’herbes.
Les parrillas (restaurants spécialisés dans le barbecue) à Buenos Aires sont les lieux obligés pour goûter à cette tradition. Les voyagistes citeront toujours le « Don Julio » et « La Cabrera » parmi celles-ci. Mais en fait, vous pouvez manger de « la très bonne viande » dans tous les restaurants de quartier du centre de Buenos Aires.

5.2 Les empanadas
Les empanadas sont un autre pilier de la cuisine argentine. Ces chaussons farcis peuvent être dégustés à tout moment de la journée et se déclinent en diverses variantes, selon les régions. À Buenos Aires, les empanadas sont couramment fourrées de viande hachée, de poulet, de fromage ou de « jambon et fromage » (Jamón y Queso). Un type particulièrement apprécié est l’empanada de « carne cortada a cuchillo », dans laquelle la viande est découpée à la main pour une texture plus grossière et savoureuse. Ces petites bombes caloriques sont souvent servies lors des fêtes familiales mais on les trouve un peu plus rarement dans les nombreux « restaurantes de empanadas ».

5.3 Le Milanesa
Le « milanesa » est une spécialité qui ressemble à la schnitzel allemande, mais avec sa touche argentine. Il s’agit de viande (généralement du bœuf ou du poulet) panée et frite. Elle est souvent accompagnée de frites ou de purée de pommes de terre et parfois recouverte de fromage fondu pour donner naissance à la « milanesa a la napolitana ». Ce plat est extrêmement populaire à Buenos Aires et peut être trouvé aussi bien dans les restaurants traditionnels que dans les menus familiaux à la maison.

5.4 Le choripán
Le « choripán » est le sandwich classique argentin, où un chorizo grillé est inséré dans un pain léger et accompagné de sauce chimichurri, une sauce à base d’ail, de persil, de vinaigre et d’huile. Ce plat est très populaire lors des rassemblements sociaux, notamment pendant les asados ou dans les rues de Buenos Aires, particulièrement au marché couvert de San Telmo ou aux abords de la « bombonera ». Le choripán incarne la convivialité et la simplicité de la cuisine de rue à Buenos Aires.

5.5 Les plats de pâtes et les pizzas
L’influence italienne est omniprésente dans la cuisine de Buenos Aires, avec une variété de plats à base de pâtes. Parmi les plus courants, on retrouve les « ñoquis » (gnocchis), souvent servis avec une sauce tomate maison, ou encore les « raviolis » farcis de viande, de fromage ou de légumes. Le « fainá », une galette de farine de pois chiches, est un accompagnement populaire des pizzas, souvent ajouté sur le dessus de la pizza.
La pizza à Buenos Aires est assez différente de celles que vous trouverez en France : la « fugazza » est une pizza à la pâte épaisse garnie d’oignons, d’huile d’olive et parfois de fromage, tandis que la « pizza de muzzarella » est une pizza simple, mais savoureuse, surmontée de fromage fondant. Elles ont souvent un aspect un peu « fourre-tout ». Les touristes vous conseillent souvent d’aller au célèbre Güerrin, avenida Corrientes, mais la chaine « La Americana », plus abordable en termes de prix, en propose également d’excellentes.

5.6 Le « dulce de leche » et les douceurs argentines
Buenos Aires est également célèbre pour ses desserts sucrés. Le « dulce de leche » (confiture de lait) est sans doute l’ingrédient sucré le plus emblématique du pays. Il est utilisé dans une multitude de desserts, dont les « alfajores », ces biscuits fourrés de dulce de leche et enrobés de chocolat ou de sucre glace.
Une autre spécialité sucrée est le « chocotorta », un gâteau composé de biscuits au chocolat trempés dans du café ou du lait et alternés avec des couches de crème au fromage frais, le tout recouvert de chocolat fondu. Les cafés de la ville servent souvent ces délices en dessert, en alternative aux nombreuses « tortas » que l’on peut trouver, par exemple, A la Continentale. Si le célèbre, mais un peu trop touristique, Cafe Tortoni propose ces nombreuses douceurs, je vous conseille plutôt d’aller à La Confiteria Ideal (déjà pour éviter la queue).

Vous avez probablement pris quelques kilos en lisant ces dernières lignes. Je vous laisse un peu digérer et je vous donne rendez-vous dans quelques jours pour la seconde partie de l’article. Lire la partie 2



Si vous souhaitez des informations géographiques et plus générales sur l’Argentine, vous pouvez consulter la fiche complète que j’ai écrite sur ce pays et que j’actualise régulièrement.

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