Plan B au Paraguay : ce que choisissent ceux qui ne font plus semblant
En 2025, 27 % des adultes vivant en France déclaraient vouloir s’installer définitivement à l’étranger s’ils en avaient la possibilité — plus du double de l’année précédente. Ce n’est pas un sondage de café du commerce. C’est Gallup, repris par Euronews.
Le chiffre ne mesure pas des départs. Il mesure une intention. Et cette intention n’a jamais été aussi forte.
Derrière, les raisons sont connues — pression fiscale, instabilité politique, sentiment que le pays s’est mis à tourner contre ceux qui produisent. Ce qu’on entend moins souvent, c’est ce que font concrètement ceux qui passent à l’acte. Le Paraguay revient de plus en plus souvent dans cette conversation. Pas comme une mode. Comme une réponse structurée.
Ce que le Paraguay offre que l’Europe ne peut plus garantir
Le Paraguay est un petit État enclavé d’Amérique du Sud. Sept millions d’habitants. Pas de façade maritime. Aucun des attributs que le récit européen associe à la réussite d’un pays.
Et pourtant.
Sa monnaie est stable depuis vingt ans. Son économie a traversé la décennie 2010–2020 sans crise majeure — quand l’Argentine s’effondrait pour la énième fois et que le Brésil encaissait une récession historique. Son taux de croissance tourne régulièrement autour de 4 % annuels. Son énergie est renouvelable à 100 % grâce au barrage d’Itaipú, et excédentaire au point d’en exporter à ses voisins.
Ce n’est pas le paradis. C’est un pays qui fonctionne, avec ses propres frictions et ses propres limites. Mais pour quelqu’un qui cherche un ancrage solide hors d’Europe, c’est une base sérieuse.
La fiscalité mérite qu’on s’y arrête. Le Paraguay applique un principe dit de territorialité : seuls les revenus générés sur le sol paraguayen sont imposables. Ce que vous gagnez en France, en Allemagne, via une structure étrangère, ou en ligne depuis Asunción — zéro imposition paraguayenne. L’impôt sur les revenus locaux existe, fixé à 10 %. C’est le taux plancher en dehors de certains paradis fiscaux classiques, et c’est légal, déclaré, encadré par un droit interne cohérent.
Le coût de la vie fait le reste. Un appartement correct en centre-ville d’Asunción : 400 à 600 euros par mois. Un repas dans un bon restaurant : 8 à 12 euros. Une infrastructure médicale privée de qualité, accessible à des tarifs sans rapport avec ce que coûterait l’équivalent en France.
Résidence permanente : ce qui a changé, ce qu’on ne vous dit pas toujours
La loi n° 6984/2022 a restructuré le cadre migratoire paraguayen. Il faut maintenant distinguer deux voies.
La voie standard passe d’abord par une résidence temporaire de deux ans, puis par une conversion en permanente après 21 mois. Le dossier comprend passeport, casier judiciaire apostillé, certificats médicaux, acte de naissance — les documents habituels, sans condition de fonds minimum ni d’investissement immobilier. La résidence temporaire délivre une Cédula valable deux ans ; la permanente, une Cédula valable dix ans.
La voie investisseur (programme SUACE) permet d’obtenir directement la résidence permanente en s’engageant à investir 70 000 USD dans une structure locale sur dix ans. En échange, le résident obtient une carte valide à vie, renouvelable tous les dix ans, avec des facilités de voyage dans le Mercosur.
Le coût global d’une procédure standard — frais administratifs, honoraires d’un cabinet local compétent — se situe entre 1 400 et 2 500 euros selon la complexité du dossier.
Un point que les guides omettent souvent : la résidence paraguayenne ne déclenche pas automatiquement la résidence fiscale. Ce sont deux statuts distincts. La résidence fiscale au Paraguay exige soit l’activation d’un RUC avec déclarations mensuelles, soit la présence physique d’au moins 120 jours par an sur le territoire. Confondre les deux, c’est soit passer à côté des avantages, soit s’exposer à des incohérences avec l’administration française. Le sujet mérite un accompagnement spécifique.
Les chiffres de la DNM : une accélération qui ne s’explique plus par le hasard
Les données publiées par la Dirección Nacional de Migraciones paraguayenne sont sans ambiguïté.
En 2025, la DNM a enregistré 47 687 demandes de résidence — un record historique, en hausse de plus de 63 % par rapport à 2024. Sur cette même période, 40 600 résidences ont été accordées, dont 29 976 temporaires et 10 624 permanentes.
La dynamique s’est poursuivie en janvier 2026 sans marquer la moindre pause. Sur les vingt premiers jours de l’année, 2 817 demandes ont été déposées — soit une hausse d’environ 79 % par rapport à la même période en 2025. C’est le rythme d’entrée le plus élevé jamais enregistré par l’institution.
Ce mouvement vers le Paraguay s’inscrit dans une dynamique française plus large. Au 31 décembre 2024, 1 754 688 Français étaient inscrits au registre consulaire, en progression de 3,6 % en un an, et le ministère estime que le nombre réel dépasse les 2,5 millions. Selon une étude Syntec–Ipsos BVA de septembre 2025, 10 % des ingénieurs et 15 % des élèves d’écoles de commerce s’expatrient chaque année. Ce ne sont pas des déclassés qui fuient. Ce sont des gens qui ont des options et qui les utilisent.
Le profil de ceux qui arrivent au Paraguay a changé. Il ne s’agit plus seulement de retraités cherchant un coût de la vie bas. Les entrepreneurs, les investisseurs en actifs numériques, les familles avec enfants — et une part croissante de cadres et de professions libérales françaises — constituent aujourd’hui une fraction significative des dossiers traités.
Ce que “plan B” signifie vraiment
Le terme est devenu un mot de passe. Derrière, les réalités sont hétérogènes.
Pour certains, le plan B paraguayen est une assurance : une résidence active dans un pays stable, un compte bancaire ouvert, une structure juridique en place — sans forcément quitter la France immédiatement. C’est une option exercée avant d’en avoir besoin.
Pour d’autres, c’est une installation complète : famille, activité, ancrage social. Asunción est une ville de trois millions d’habitants avec des écoles internationales, un tissu entrepreneurial actif, et une communauté francophone qui s’est densifiée ces trois dernières années.
Pour d’autres encore, c’est une base sûre au milieu du Mercosur. En tant que membre du bloc régional, le Paraguay ouvre une mobilité vers l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et la Bolivie — sans les contraintes que ces pays imposent à l’entrée directe.
Ce qui ne change pas selon les profils : la nécessité de préparer le dossier sérieusement. Le Paraguay est accessible — mais accessible ne veut pas dire sans condition. Un casier judiciaire non apostillé, un document périmé, une confusion entre résidence et résidence fiscale peuvent ralentir ou bloquer une procédure. La marge d’erreur administrative est limitée.
La question qu’on devrait se poser en premier
Pas “est-ce que le Paraguay est fait pour moi ?”. Mais : “est-ce que l’absence de plan B est raisonnable dans le contexte économique et géopolitique actuel ?”
Ceux qui ont pris le temps de structurer une option paraguayenne — résidence, fiscalité, éventuellement société — ne sont pas des aventuriers. Ce sont des gens organisés et prévoyants qui ont décidé de ne pas dépendre d’une seule administration, d’une seule monnaie, d’un seul système.
Prendre sa résidence au Paraguay n’est pas une rupture. C’est une diversification.
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