Cryptos au Paraguay : la fête est finie ?
A Hastamérica, nous nous sommes un peu réveillés “avec la gueule de bois” en apprenant la nouvelle résolution de l’administration paraguayenne : Le pays oblige désormais ses contribuables à déclarer leurs cryptoactifs.
La Direction Nationale des Recettes Fiscales (DNIT) vient de franchir un cap majeur dans la surveillance des actifs numériques : à compter de l’exercice fiscal 2026, toute personne ou entreprise résidente au Paraguay devra déclarer ses transactions en crypto-actifs au fisc.
Dans une résolution publiée ce 10 mars, la DNIT introduit une Déclaration d’Informations sur les Crypto-actifs (obligation 959-DJI). Le texte est d’une portée remarquablement large : il vise non seulement Bitcoin ou l’Ether, mais aussi les stablecoins, les NFT, les tokens utilitaires et « toute représentation numérique de valeur » circulant sur une blockchain.
Concrètement, sont concernés les opérateurs de plateformes d’échange actifs au Paraguay, ainsi que tout résident dont le volume annuel de transactions dépasse 5 000 dollars américains — seuil s’appliquant notamment aux transactions réalisées via des plateformes étrangères ou directement de pair à pair, sans intermédiaire local.
Le niveau de détail exigé est particulièrement poussé. Pour chaque opération — achat, vente, staking, minage, donation ou simple transfert entre portefeuilles — le contribuable devra renseigner la date, les adresses de portefeuilles impliqués, le hash de transaction, les quantités échangées jusqu’à la dixième décimale, et la valeur brute en dollars. Rien n’est laissé au hasard.
La déclaration annuelle devra être soumise via le portail fiscal Marangatu au plus tard le troisième mois suivant la clôture de l’exercice. Le retard sera sanctionné d’une amende d’un million de guaranies (environ 130 dollars).
Les contribuables non encore inscrits au Registre Unique (RUC) ont l’obligation de s’y enregistrer.
5 000 $ seuil de déclaration
2026 premier exercice visé
₲ 1 M amende pour retard
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement mondial de régulation fiscale des crypto-actifs, accéléré par le cadre CARF de l’OCDE.
Le Paraguay, autrefois paradis des mineurs de Bitcoin grâce à son énergie hydroélectrique low cost, envoie ici un signal clair : la publication fiscale des actifs numériques devient une priorité nationale.
Reste à voir si les autorités disposeront des moyens techniques pour croiser ces déclarations avec les données on-chain — un défi que peu d’administrations fiscales au monde ont pleinement relevé à ce jour.
Dans tous les cas, les détenteurs de cryptomonnaies vivant au Paraguay devront désormais se montrer prudents : les fuites de données sur leur état-civil, leur adresse et les valeurs en leur possession pourraient les mettre en danger vis-à-vis de groupes de délinquants qui pourraient avoir des complices à l’administration fiscale.
Source : Directive 47 du Service des Impôts paraguayen


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