Vivre à Buenos Aires : 12 choses à savoir en arrivant dans la capitale argentine (Partie 2)
Ce second article sur Buenos Aires (tout comme le premier) n’a ni vocation à être exhaustif, ni à être impartial. Je suis humain et comme tout humain, j’ai mon propre filtre et ma façon personnelle d’appréhender le monde. Mais l’article est honnête car il s’inspire de “la réalité du terrain”, c’est à dire de ma première expérience de 6 mois à Buenos Aires faite de rigoureuses prises de notes et de contacts multiples tissés dans la capitale argentine. Il l’est aussi, honnête, car il n’a pas pour vocation “de vendre à tout prix” cette ville et son peuple, mais de partager ce qui m’a plu et/ou interloqué chez cette fascinante métropole.
6. Vivre les nuits de Buenos Aires
Buenos Aires est réputée pour sa vie nocturne qui s’étend bien au-delà des horaires européens traditionnels. Ici, la nuit commence tard. Les dîners dans les restaurants se prolongent souvent jusqu’à minuit, et les bars se remplissent à partir de 23 heures. Les bars de nuit, Les discothèques, les « boliches » ouvrent leurs portes qu’entre minuit et une heure du matin, avec une ambiance culminant vers 3 heures. Parmi les lieux incontournables, l’Avenida Corrientes, surnommée « la rue qui ne dort jamais », occupe une place centrale. Cette artère emblématique regorge de théâtres, de librairies ouvertes jusqu’à très tard, et de pizzerias où l’on peut s’attabler à n’importe quelle heure. C’est un lieu de convergence pour les noctambules cherchant une soirée culturelle ou simplement une atmosphère animée. On y trouve même « un Carrefour », à l’extrémité de l’avenue, près de l’Obélisque, ouvert 7 jours sur 7 et 24h00 sur 24h00.
La plaza Serrano du quartier Palermo Soho concentre aussi les bars et les discothèques où les nombreux touristes se mêlent aux Porteños. A San Telmo, quartier emblématique de la communauté LGBT, les lieux alternatifs, les bars animés et les défilés improvisés ponctuent les nuits de fins de semaine.(1)
Dans un registre plus traditionnel, il est aussi possible de se rendre aux milongas. Une milonga est un bal où l’on danse principalement le tango argentin, mais aussi parfois la valse argentine et la milonga (un style musical plus rythmé et enjoué que le tango). Ce sont des lieux de sociabilité codés, avec des rituels très précis, où les danseurs, qu’ils soient débutants ou experts, se retrouvent pour pratiquer et partager leur passion. C’est aussi un lieu de sociabilité où l’on discute beaucoup avec les membres du sexe opposé et il est d’ailleurs coutumier de danser avec un maximum de partenaires.
Buenos Aires compte de nombreux endroits pour sortir la nuit. La municipalité très active sur le plan culturel, organise également de multiples évènements similaires à « la nuit blanche » parisienne où l’on peut assister à des performances artistiques ou à des “sons et lumières” nocturnes comme celui de la « Reserva ecológica ». De nombreux concerts sont également organisés durant l’année dans les avenues de la ville, renforçant ainsi l’image d’une Buenos Aires, musicale, artistique, toujours en mouvement.
(1) San Telmo est aussi un repaire de pickpockets et de voleurs à la tire où il est conseillé de rester vigilant et de privilégier les taxis ou les déplacements en groupe quand vous vous déplacez tard dans la nuit.
7. Le maté et sa pratique sociale
Préparez vous à voir des habitants de Buenos Aires porter leur thermos sous le bras et siroter du mate à toute heure. (1) Cette infusion est bien plus qu’une simple boisson en Argentine, c’est un véritable symbole culturel et un rituel social profondément ancré dans la vie quotidienne. Fabriqué à partir des feuilles séchées de l’Ilex paraguariensis, une plante indigène d’Amérique du Sud, le maté est consommé en infusion. Les feuilles sont vendues broyées pour être infusées dans une « calebasse ». On y insère une « bombilla », une paille métallique munie d’un filtre, pour boire l’infusion sans avaler les feuilles. Historiquement, la consommation de maté remonte aux peuples Guaranis, qui l’utilisaient pour ses propriétés énergétiques et ses vertus médicinales. Durant l’époque coloniale, les Espagnols adoptèrent cette pratique, contribuant à sa diffusion à travers la région. Aujourd’hui, boire du maté est un rituel quotidien qui transcende les classes sociales, rassemblant amis, collègues ou membres de la famille autour de cette boisson.
L’usage du maté suit des codes précis : il est traditionnellement préparé et partagé par un « cebador », celui qui remplit la calebasse et la passe aux autres participants dans le sens des aiguilles d’une montre. Lorsque votre voisin vous tendra la calebasse, prenez là et buvez par petites touches tout en continuant « la charla » jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’eau. Il sera alors temps de remplir la calebasse pour la passer à votre voisin(e). Et si vous adhérez peu au goût amer de la boisson, forcez-vous un peu : refuser le maté peut être perçu comme un manque de courtoisie. Au-delà de son aspect social, le maté est également apprécié pour ses bienfaits : il contient des antioxydants, des vitamines et des minéraux, tout en offrant un effet stimulant grâce à la caféine qu’il contient.
(1) La pratique du Maté à Buenos Aires n’est en rien comparable à celle de l’Uruguay où les habitants en « abusent frénétiquement ».
8. Western Union et les taux de change argentins
L’Argentine traverse des crises économiques et financières depuis plusieurs décennies. Les dévaluations ont succédé à des taux d’inflation record allant jusqu’à 121% en 2023. Ces crises financières à répétition ont engendré une méfiance croissante des Argentins vis-à-vis de leurs banques et de leur monnaie. Ceux qui le pouvaient ont commencé à thésauriser avec du dollar dans des banques uruguayennes ou même en espèces, « sous le matelas » pour se mettre à l’abri des fluctuations baissières. Il s’en est suivi l’émergence de taux parallèles en alternative au taux pratiqué par le système bancaire fixé par le gouvernement et les institutions financières, utilisé principalement pour les transactions officielles et les importations.
Parmi ceux-ci, c’est le « dollar blue » qui s’est le plus développé. Ce taux, bien plus avantageux que le taux officiel, est utilisé par les habitants et les touristes pour échanger des dollars américains contre des pesos. Bien que ce taux soit très fluctuant, il permet, à certaines époques de l’année, de gagner 40% à 50% de bénéfice par rapport au taux officiel.
Par exemple, lorsque je suis arrivé en Argentin, en Juillet 2024, le Taux officiel était de 919.18 pesos pour un dollar alors que vous pouviez échanger ce même dollar pour 1.487 pesos dans les « cuevas » (bureaux de change informels souvent situés dans des arrière-boutiques) ou même dans certains hôtels.
Échanger des dollars ou des euros au taux « blue » est courant et, bien que techniquement illégal, toléré dans la pratique. Western Union en a même fait une offre commerciale en proposant un taux de change quasiment identique au « taux bleu ». Pour optimiser votre budget dans cette ville qui est l’une des plus chères du continent, il est essentiel de venir avec des Euros ou d’ouvrir un compte Western Union qui vous permettra d’augmenter votre niveau de vie en transférant/changeant des Euros en Pesos.
Si vous souhaitez directement échanger des euros sur le marché, il faudra vous rendre à La calle Florida, toute proche de La Playa Mayo où vous pourrez rencontrer des argentins, criant « Cambio » dans la rue, qui vous proposeront de les suivre pour opérer le change.
Si vous préférez le confort d’un transfert de votre compte en Euros par Western Union (moins avantageux car il y aura des frais à régler), vous n’aurez que l’embarras du choix tellement la société est implantée dans la ville.
Je vous conseille malgré tout ces trois grands centres, sûrs et rapides, auxquels il faudra vous rendre en heure d’ouverture, le matin, pour retirer vos pesos en espèces en évitant les files :
Western Union : Av. Córdoba 1591, C1055 Cdad. Autónoma de Buenos Aires, Argentine
Western Union : Av. Rivadavia 1649, C1033 Cdad. Autónoma de Buenos Aires, Argentine
Western Union : Cerrito 134, C1010 Cdad. Autónoma de Buenos Aires, Argentine
Il existe également d’autres taux, comme le « dólar turista », un taux spécifique appliqué aux achats réalisés à l’étranger avec une carte bancaire argentine.
Mastercard et Visa utilisent un taux proche du MEP (taux utilisé pour obtenir des dollars via des transactions sur le marché boursier) correspondant à une valeur d’environ 10% à 15% supérieure au taux officiel. Vous bénéficierez donc de ce taux si vous utilisez l’une de ces cartes.
Cette pluralité de taux complique les transactions financières et nécessitera une veille constante des taux de change.
9. Voseo et accent porteño
Oubliez le Usted formel et la troisième personne du singulier quand vous serez à Buenos Aires. Ici l’on pratique le « voseo » qui est une particularité linguistique distinguant la langue argentine des autres variantes de l’Espagnol. Il s’agit de l’utilisation du pronom « vos » à la place de « tú » pour s’adresser à une personne de manière informelle. Originaire de l’Espagne médiévale, où il était utilisé pour marquer une relation de respect, le voseo a évolué en Amérique latine pour devenir un marqueur identitaire particulièrement fort en Argentine mais aussi en Uruguay, au Paraguay ainsi que dans certains pays d’Amérique centrale.
En Argentine, le voseo ne se limite pas à un simple changement de pronom. Il entraîne également des modifications dans la conjugaison des verbes. Par exemple, « tu hablas » (tu parles) devient « vos hablás », avec un accent tonique sur la dernière syllabe. Autre exemple, « puedes » devient « podés » et tienes devient « tenés ». Cette conjugaison se retrouve dans la majorité des verbes réguliers et irréguliers au présent de l’indicatif, ainsi que dans l’impératif. Ainsi, au lieu de dire « ¡Habla! », on dira « ¡Hablá! ».
L’usage du voseo est omniprésent dans la vie quotidienne en Argentine, que ce soit dans les conversations informelles, la publicité ou même les médias. Cependant, il reste absent des documents officiels ou de la correspondance formelle, où l’utilisation de « usted » prévaut.
Par ailleurs, l’accent argentin, marqué par l’aspiration du « ll » et du « y », contribue à rendre cette variante de l’espagnol encore plus singulière. Le Y et le « ll » ne se prononcent pas « yeu » mais « tcheu » ou pour être plus précis, un mélange subtil de « jeu » et de « cheu ». Ainsi, vous prononcerez « vamos a la plajcha » pour dire « allons à la plage » ou « Te jchamo » pour signifier « je t’appelle ».
Ces modifications de prononciations comme d’autres modifications du vocabulaire espagnol s’expliquent aussi par l’origine italienne d’une grande majorité des porteños qui ont infléchi la langue espagnole avec un accent et des mots de vocabulaire différents.
On glose beaucoup sur ces différences linguistiques. Mais finalement, après quelques jours de pratique, les nouveaux venus s’adaptent au voseo sans que ce soit réellement déroutant. Dans tous les cas, il faut s’y mettre. C’est très bien vu par les habitants de Buenos Aires qui le considèrent comme un effort d’intégration.
10. La « fameuse ponctualité » latina
Les «chicas argentinas» (1) ont une relation décontractée avec le temps. Une invitation à prendre un verre pour 20 heures ? Attendez-vous à ce que la “chica” arrive à 20h30, 20h45 dans le meilleur des cas. J’ai moi-même attendu pendant une heure trente (le record) avant de voir arriver l’une d’elle, comme une fleur, sans réelle culpabilité, ni explication bien précise, si ce n’est qu’elle ne savait pas quelle tenue choisir (!)… L’expérience et les Aperol Spritz, particulièrement réussis en Argentine, seront vos meilleurs alliés dans ces moments de solitude.
Fixer un horaire strict n’est donc pas opportun car le respect de la ponctualité n’est pas une priorité ici où le rythme est celui d’une culture conviviale et décontractée.
Aussi, si vous envisagez de vous installer en Argentine ou d’y passer un séjour prolongé, il est important de s’adapter à une « certaine » flexibilité horaire.
Même s’il n’est pas rare de voir des rendez-vous professionnels ou des rencontres sociales démarrer en retard, cela est plus généralement admis dans les contextes informels. Lorsqu’on organise une soirée, un dîner entre amis, l’heure exacte d’arrivée ou de début n’est souvent pas une priorité absolue.
A votre arrivée à Buenos Aires, cette approche vous déstabilisera, surtout si vous venez d’un milieu et d’une culture où la ponctualité est perçue comme une marque de sérieux et de respect. Il est donc essentiel de comprendre que le retard n’est pas considéré comme une impolitesse par ceux qui privilégient plutôt l’instant présent et les moments partagés.
Rassurez vous. Après un temps d’adaptation, vous ne vous laisserez plus perturber par le manque de ponctualité et vous embrasserez cette lenteur comme une expérience sociale (de toute façon vous n’aurez pas le choix !).
(1) Pour être honnête, ce rapport féminin à la ponctualité est valable pour tout le continent sud-américain.
11. Que serait Buenos Aires sans ses moustiques ?
À Buenos Aires, les moustiques sont particulièrement présents pendant les mois d’été. Vous allez constater une augmentation progressive des moustiques dès le mois de Novembre. Et les mois de décembre à mars marquent leur haute saison ! Dès la fin octobre, mes nuits sont devenues pénibles. La promesse nocturne de bourdonnements incessants et de piqûres répétées m’obligeait chaque soir à pratiquer une chasse où j’en tuais 7,8,10 par séance. Il faut dire que l’espèce sévissant à Buenos Aires est particulièrement intrusive et agressive. Il s’agit principalement de l’«Aedes aegypti», responsable de la transmission de maladies comme le virus Zika, la dengue, et le chikungunya. Bien que ces maladies ne soient pas endémiques à Buenos Aires et que les autorités sanitaires prennent des mesures pour les prévenir, la vigilance et les vaccins sont de mise.
Au début de l’année 2024, c’est surtout l’espèce « Aedes Albifasciatus » qui a semé la terreur dans les rues de Buenos Aires. On pouvait apercevoir des nuages de ces moustiques qui fondaient sur la ville et les gens comme des nuées de criquets africains. Pendant quelques semaines, ce fut la panique dans les rues de la capitale dont les habitants se ruaient sur les insecticides.
La cause de cette brutale et soudaine invasion ?
Ces « moustiques d’inondation » ont été pondus durant la phase de sécheresse et leurs œufs se sont accumulés jusqu’à ce que les brutales et intenses pluies frappant la capitale en février, les fassent éclore en même temps ; Les porteños interloqués virent alors des nuages de moustiques sortirent des mares, des étangs et des flaques formés par la pluie. Charmant, surtout lorsque l’on sait que cette espèce était aussi très agressive. Certains habitants furent piqués plusieurs centaines de fois. Voir la vidéo
12. Le wokisme à Buenos Aires n’est pas anecdotique
Lors de son discours du 23 janvier à Davos, Javier Milei lança une charge vigoureuse contre le wokisme et ses dérives LGBT. Il sait de quoi il parle : Buenos Aires est la ville la plus woke où j’ai vécu depuis que je suis en Amérique du Sud. Elle tient même la comparaison avec le « trou noir » qu’est devenu Paris, depuis l’accession d’Anne Hidalgo à la mairie.
Aussi, si vous êtes conservateur et que vous fuyez Paris et/ou la France pour ses délires LGBTQ++, ne choisissez pas Buenos Aires comme destination.
L’avenida de Mayo laisse cour à un passage constant de manifestations progressistes où les groupuscules d’extrême-gauche arborant le « Che » comme étendard rivalisent en slogans avec les syndicats kischneristes (péronistes de gauche). C’est un ballet régulier pour défendre les causes woke : « droits des minorités » sexuelles, trans, lesbiens, non-genrés… ou des minorités ethniques « qui ont beaucoup souffert ».
Si chaque semaine, chacun déploie sa petite contestation, de la Casa Rosada au Palais des Congrès (ou l’inverse), le plus bruyamment possible, c’est probablement la Gay Pride qui atteint le record en excès « scéniques ». J’ai assisté à la 33ème Gay Pride porteño (33ème !!!). C’est une sorte d’orgie en mouvement où des lesbiennes trônant, seins nus, sur des chars, se font lécher la poitrine en public par des comparses et ou des couples d’hommes presque-nus « se prennent » dans des recoins de portails. On sort de ce show éberlué et un peu dégouté quand même. Un spectacle auprès duquel, les Gay Pride parisiennes apparaissent comme de gentils défilés scout.
Si ces manifestations wokistes sont propres à la capitale, il faut aussi souligner qu’elles sont soutenues par les anciens dirigeants de gauche qui, depuis des décennies, menaient des politiques progressistes tapageuses et clientélistes (légalisation de l’avortement (2020) ou mariage gay (2010)) pour mieux distraire l’attention du peuple argentin des problèmes de corruption et de passe-droits qu’ils avaient érigé en système.
Buenos Aires est une ville de contraste avec un peu d’Europe mêlée de « furia latina » qui s’exprime par les excès politiques ou le fanatisme footballistique. Néanmoins, c’est une ville agréable où il fait bon vivre et se promener ; où les habitants, un peu complexes à découvrir au premier abord, s’avèrent sympas et communicatifs. C’est aussi une ville spectaculaire, unique en Amérique du Sud pour sa culture, sa cuisine, son patrimoine, son architecture et tous ses quartiers insolites qui rappellent ceux des villes de Paris, Madrid ou de New-York.
On s’y sent bien et on y apprend beaucoup. C’est le principal.
Si vous souhaitez des informations géographiques et plus générales sur l’Argentine, vous pouvez consulter la fiche complète que j’ai écrite sur ce pays et que j’actualise régulièrement.
Si vous avez des questions, un besoin de renseignement ou simplement une réflexion à partager laissez un commentaire ci-dessous. J’y répondrai dans les meilleurs délais.


2 Commentaires
Bonjour, je me permets de vous poser une question très pratique (mais je ne trouve aucune réponse claire). Je pars dans 2 semaines à Buenos Aires, avec des euros et lors de mon arrivée à Ezeiza, j’aimerais rejoindre le centre où j’ai un hébergement (micro centro), sans prendre le taxi. N’ayant pas encore de ARS $, est-ce que je peux prendre la navette Tienda Leon et payer en € ? Merci d’avance pour l’info et bonne fin de journée. Soazig
Non
Par contre, vous avez un Western Union à Ezeiza qui vous permettrait de faire du change Euro – ARS à bon taux, si vous pouvez y accéder durant les horaires de journée.
Adresse : Echeverria 169, B1804 Ezeiza, Provincia de Buenos Aires
Le taux pratiqué par Western Union est très avantageux puisqu’il est très proche du Taux Bleu.